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Vue Fujiyama.

 Depuis 1639 le sakoku (période de fermeture japonaise au monde) commence avec l’expulsion des missionnaires chrétiens. Les nippons ne peuvent quitter l’endroit et personne ne peut s’en approcher sur ordre du shogun Tokugawa Ieyasu, qui fondera une dynastie de shoguns qui dirigera le pays durant cette période, l’empereur ne gardant qu’un pouvoir symbolique.
Au 19ème siècle, avec l'ère Meiji, ce Japon féodal est appelé à prendre fin. En effet, sous la menace de l'Occident et surtout des États-Unis, le Japon est contraint d’ouvrir ses ports et de s’ouvrir au commerce. En 1854 un traité est signé dans ce sens par le Japon. Les transformations entraîneront un changement de gouvernement, c’est la fin des shoguns, du Japon féodal, des samouraïs...
L'année 1867 marque ce grand changement avec l’avènement du nouvel empereur Mutsuhito qui meurt en 1912 (fin de l’ère Meiji). Le Japon alors se modernise. Le japon change.

  Un modèle, des modèles :

 Tous les changements impliquent généralement le fait de suivre un ou des modèles ; c’est le cas du Japon qui en suit deux : la Chine pour le confucianisme, l’Occident pour forger un nouveau système éducatif et politique avec par exemple une armée moderne, une constitution… Pour jeter les bases de ce nouveau pays, le Japon n’hésite d’ailleurs pas à s’aider d’allemands, de français, d’anglais..., et à se révolutionner en abolissant les privilèges des samouraïs ou encore des daimyo, qui se reconvertissent avec succès ou pas selon les personnes. En effet si certains intègrent le nouveau gouvernement, d’autres comme certains Samouraïs se retirent dans leur maison et pleurent un paradis perdu, quand ils ne luttent pas pour le rétablir, comme l’atteste la rébellion de Satsuma en 1877 qui verra la défaite d’anciens samouraïs.

 La bataille de Shiroyama

La bataille de Shiroyama.

Pour autant, penser que le Japon oublie ses origines et bascule totalement dans le modernisme occidental, serait faux. En effet, si le Japon évolue à la manière d’un pays occidental et adopte beaucoup de ses codes pour l’éducation, les vêtements, la nourriture, la musique, le calendrier…, le traditionalisme existe toujours en parallèle. Un exemple qui prouve cette cohabitation visible est la rue, comme l'atteste les diverses représentations japonaises où le kimono côtoie l’habit européen. Dans les esprits aussi il existe cette part traditionnelle et occidentale qui se côtoient comme l’indique l’auteur de l’article avec l'écrivain japonais Natsume Soseki.
Toutefois, il est bon de souligner que le modernisme occidental n’a pas que du bon. En effet la position de la femme se dégrade en se calquant sur le modèle européen, et l’expansionnisme européen encourage celui du Japon qui cherche à augmenter ses ressources de matière naturelle. C’est ainsi qu’il regarde vers l’ouest, vers l’Asie.

Inoue

Artiste, Inoue Yasuji.

 Rejet et volonté expansionnisme :

 Mais ce regard vers l’ouest va être suivi de plusieurs effets.
Le premier, la guerre. Comme je l’ai déjà écrit, il y a une volonté expansionnisme, c’est ainsi que la Corée, la Manchourie et la Chine vont se retrouver sous le feu des conflits avec pour résultante l’imposition du Japon. Autre effet de cet expansionnisme, c’est le rejet des modèles, et plus particulièrement de la Chine dès 1894 qui est vu comme une nation décadente vu que l’occident lui dicte sa conduite. De ce fait le Japon va rejeter ce qui possède une identité trop chinoise comme le bouddhisme (qui sera persécuté) et commencer à affirmer dans le même temps et sur la longueur son essence, via le bushido ou le shintoïsme qui devient alors religion d’état.

torri

Torii shintoïsme.

Enfin, un dernier effet, c’est cette affirmation face à l’occident. Le Japon s’est ouvert sous la menace occidentale, une menace qui l’inquiétait alors. Mais en 1904 -1905 – et même un peu avant – cette peur commence à disparaître puisque le Japon se dresse face à la Russie qui perdra. Ce qui fera l’effet d’un coup de tonnerre dans le monde occidental, et qui fera comprendre que la Japon n’est plus aussi maniable et peut rivaliser. Ce que confirmera la suite de l’histoire, vu que le monde nippon se posera jusqu’en 1945, en défenseur de l’identité asiatique face aux blancs. Ça sera d’ailleurs dans les discours colonialistes et guerriers.
Bref ! Avec les défaites de la Russie, on voit que le Japon réaffirme son essence et sa liberté, et n’hésite plus à se poser contre l’occident.

 Après 1945 :

 En septembre 1945, après le largage de deux bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki, le Japon capitule face aux Etats-Unis. Le pays se redconstruit alors avec l’aide de la première puissance mondiale dans un contexte de Guerre Froide. Dans le même temps, il intègre notamment les valeurs occidentales avec la production de masse à bas-prix, puis l’innovation technique, devenant ainsi un des meilleurs (si ce n’est le meilleur),  pays technologiques au monde.
En parallèle, les esprits se redessinent aussi, certains côté de la pensée japonaise comme le bushido - qui a énormément servi à l’idéologie guerrière - s’estompe, sans pour autant disparaître comme l’indique les mangas ou encore la discipline. Toutefois, toute cette modernité ne plaît pas à tout le monde comme l'indiquera la mort par seppuku de l'écrivain Yukio Mishima qui a écrit notamment le magnifique Une soif d'amour. Mais malgré tout, on peut affirmer que le Japon s’est énormément occidentalisé, même si ce pays fonctionne encore à sa manière et avec son identité. (Et ce n’est pas une mauvaise chose.)

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Source : Histoire et civilisation magazine n°42 septembre 2018.

Pour aller plus loin : Nouvelle histoire du Japon de Pierre-François Souyri.